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Pipaix, Hainaut, BelgiqueBelgique

Brasserie Dubuisson

1769, la plus ancienne brasserie de Wallonie encore en activité, neuf générations sur le même site — et un déménagement de l’autre côté de la route pour échapper à l’impôt de Marie-Thérèse d’Autriche.

Ce qu’on sert de cette maison

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Une brasserie née d’un impôt

Joseph Leroy est maître brasseur et tient la brasserie seigneuriale de Ghyssegnies, en face de l’emplacement actuel. Il n’y paie pas de taxe. En 1769, Marie-Thérèse d’Autriche taxe toutes les brasseries, y compris seigneuriales. L’avantage disparaît : Leroy traverse la route et s’installe sur une terre non seigneuriale, pour être indépendant.

La brasserie n’a jamais bougé depuis, et n’a jamais cessé de brasser — ni pendant la Révolution française, ni pendant les deux guerres mondiales. Joseph Leroy était le grand-père maternel de Hugues Dubuisson, l’actuel dirigeant. Neuf générations de brasseurs, tous en ligne directe.

Bush, c’est Dubuisson en anglais

Jusqu’en 1932, la ferme-brasserie ne brasse que pour les ouvriers de la ferme et les villageois. Alfred Dubuisson abandonne alors l’agriculture, s’associe à son frère Amédée, et rachète la ferme-brasserie familiale.

En 1933, il crée Bush Beer — la traduction anglaise de « bière Dubuisson » — dans le goût anglais alors à la mode. La recette n’a pas changé depuis quatre-vingt-dix ans. Aux États-Unis et au Canada, ces bières se vendent sous le nom Scaldis, pour ne pas heurter une marque homonyme.

Sa houblonnière, ses fûts de chêne

Empâtage entre cinquante et soixante-quinze degrés pour les Bush, une heure et demie ; ébullition d’une heure et demie avec houblon et épices ; levure maison ; fermentation principale d’une semaine, puis quatre à six semaines de garde.

Depuis 2013, la brasserie cultive son propre houblon dans un champ voisin. Elle a été la première à expérimenter le vieillissement en fûts de chêne, entré dans la gamme en 2003 : la Bush Prestige mûrit trois à six mois en chêne neuf, la Bush de Nuits six à neuf mois en foudres ayant contenu du Nuits-Saint-Georges. En 2013, cinq millions d’euros investis ont doublé la capacité, au-delà de cent mille hectolitres.

La maison refuse les bières à étiquette — la même recette vendue sous plusieurs noms — et refuse de sous-traiter son brassage. En 2007, elle a créé le label Belgian Family Brewers, réservé aux brasseries familiales ayant au moins cinquante ans de savoir-faire.

La Cuvée des Trolls, et la Lowa

Née en 2000 à Louvain-la-Neuve, dans le Brasse-Temps, une micro-brasserie conçue par Dubuisson. Blonde de fermentation haute à 7°, refermentée en bouteille, robe pâle légèrement trouble. Assemblage de malts, houblon Saaz, sucre, eau et levure, avec des écorces d’orange douce séchées ajoutées à l’ébullition. Dix-huit IBU, à peine amère.

La Lowa Trolls est sa version sans alcool, à 0,3°, lancée le 5 mars 2025 — la première sans-alcool de la maison. Une fermentation lente et une levure spécifique, sans ajout de sucre ni d’édulcorant : floral et agrume, avec une amertume qui tient. Les deux sont à notre carte.

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